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Marché gré à gré: Mori Diané rejette les accusations de Cellou D. Diallo

Dalein, j’ai été assez surpris de lire, ce matin, un article d’Africaguinée dans lequel vous pointez un doigt accusateur sur moi, si injustement et avec tellement de mépris. J’ai été stupéfait aussi bien par le ton que par les propos. Vous liez mes occupations en Guinée à une amitié personnelle avec le Président Alpha Condé, ou plutôt à un copinage avec lui. Je suis d’autant affligé que vous vous référez à moi publiquement comme «quelqu’un qui s’appelle Mori Diané».

 

Avec tout le respect que je vous dois, permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire. Il y a plusieurs années, lorsque vous étiez un cadre de l’Administration des Grands Projets, vous avez effectué plusieurs voyages à Washington. J’ai eu le plaisir de vous y recevoir dans mes bureaux et même de vous emmenez dîner avec vos collègues. Vous avez alors constaté et reconnu que je n’ai jamais manqué aux devoirs que m’imposent ma foi musulmane et ma culture africaine, notamment à celle d’être accueillant et hospitalier envers les hôtes. Je suis donc ravi que vous m’appreniez aujourd’hui que le Président Alpha Condé, lui, a montré une vraie noblesse à me garder parmi ses amis.

 

Vous vous êtes aussi rendu compte par vous-même, en visitant mes bureaux à Washington, que j’occupe depuis une trentaine d’années, que je devais être un homme d’affaires consciencieux et irréprochable pour avoir pu prospérer dans un pays où la loi et la morale sont draconiennes. Si j’ai pu mériter l’estime et l’admiration d’Africains en visite ou résidant aux Etats-Unis et avoir une  longévité commerciale, dans un secteur hautement compétitif, je ne peux le devoir qu’à une rigueur sans faille.

 

J’ai pris la décision, il y a quelques mois, de venir développer des activités caritatives et commerciales en Guinée. Quoi de plus normal, après avoir passé plus de quarante ans hors d’un pays pour le bien-être duquel ma famille est bien connue pour s’y être dévoué depuis plusieurs générations ! Quoi de surprenant si j’ai alors été approché par une compagnie américaine pour reprendre la gestion d’une centrale électrique dont les engins, fabriqués aux Etats-Unis, étaient sur le point de quitter la Guinée, privant ainsi le pays d’une grande capacité de fourniture d’électricité !

 

Avant d’acquiescer à cette demande légitime et salutaire pour notre pays qui me fournissait une occasion de le servir davantage, j’ai découvert qu’un litige opposait les parties impliquées dans la gestion précédente des turbines.

 

Dans les semaines qui ont suivi, je me suis appliqué consciencieusement à m’assurer de la véracité de la propriété revendiquée par la partie guinéenne du différend. En plus du fait que le titre de propriété, établi par le fabriquant des turbines, démontre sans ambiguïté aucune que le véritable propriétaire est mon interlocuteur, les actes juridiques m’ont aussi révélé que le prétendant Guinéen avait été déboutée par trois juridictions : une guinéenne, une sénégalaise, une américaine. Je découvre maintenant qu’il s’agit du fils d’une élue de votre parti politique. Raison pour laquelle je suis devenu, semble-t-il, la cible de votre envolée médiatique.

 

Si je ne reprenais pas la gestion de la centrale, la Guinée perdait les turbines et par conséquent quelques dizaines de mégawatts précieux pour les besoins en électricité de sa population. Je devrais être félicité et non dénigré. Pour ma part, je suis quitte avec ma conscience et je n’ai pas l’intention de me laisser intimider par vous ni par qui que ce soit. Sachez aussi, Monsieur, que ma société est celle qui facture le moins cher le kilowattheure en Guinée. Chez moi, le patriotisme prime la recherche du gain personnel.

 

Vous avez été pendant trop longtemps un acteur décisionnel de l’administration guinéenne pour ignorer le fait que tous les marchés publics ne se prêtent pas nécessairement à un appel d’offres. Les procédures de passation d’un marché public prévoient des appels d’offres ouverts, des appels d’offres restreints et des marchés de gré à gré.

 

Dans la reprise de la centrale de Coronthie par la GDE, que je dirige, il s’agissait de turbines privées et non pas publiques. Leurs propriétaires américains avaient le choix de les confier à qui ils voulaient. L’Etat guinéen n’avait rien à imposer dans cette décision. Il pouvait juste avaliser ou non un choix fait par des tiers propriétaires.

 

Pourquoi parlez-vous donc d’appel d’offres là où il n’en faut point?

 

Pendant les périodes d’étiage, lorsque la capacité de nos rares barrages faiblit, ces turbines américaines peuvent, elles, produire jusqu’à 40 MWh. C’est une fourniture d’électricité trop importante pour que l’Etat guinéen et ses dirigeants s’en passent. Ancien ministre et Premier ministre, aujourd’hui homme politique, vous savez pertinemment que le manque d’électricité est un facteur de remous sociaux. Auriez-vous refusé de saisir l’aubaine qui s’était présentée à la Guinée ? Reproduire ces mêmes installations aurait requis au moins 18 mois de préparation et engendré un manque à gagner électrique, donc des émeutes chez les jeunes. C’est ce que vous vouliez ?

 

Par ailleurs, vous avez passé un long temps au ministère des transports. Il me semble que les Guinéens ne se souviennent pas de vous comme ayant strictement eu recours aux appels d’offres pour, par exemple, démanteler et vendre tous les rails de la seule infrastructure ferroviaire commerciale du pays.

 

Vous faites aujourd’hui de la transparence des contrats et des fortunes personnelles votre cheval de bataille politique. C’est bien beau. Mais comment un ancien ministre et Premier ministre comme vous qui n’a jamais servi de sa vie que dans la Fonction Publique et qui n’est pas  connu comme héritier d’une grosse fortune, pourrait-il justifier la sienne devant la Nation qu’il cherche a diriger ? On aimerait bien vous y voir.

 

Dalein, on ne peut pas vous en vouloir de venir en aide au fils d’un de vos adjudants politiques. Mais si cet homme a perdu tous les procès qu’il a intentés dans trois pays, pour essayer de ravir ces turbines, vous devez avoir la sagesse de comprendre que la responsabilité que vous a confié une importante frange de notre nation ne devrait pas être hypothéquée à des fins aussi vulgaires.

 

Votre rôle en tant que leader politique est de soutenir les efforts légitimes faits par des entrepreneurs guinéens, pas de les détruire. Le pays a besoin d’initiatives semblables a celles que nous avons eu la sagesse de créer.

 

Dalein, il est regrettable que vous présentiez un différend commercial comme une affaire politique. Vous vous êtes servi de votre manteau politique pour aider le fils d’une associée politique qui est un mauvais perdant. Aux yeux des observateurs avertis et des patriotes, vous vous êtes encore tiré une balle dans le pied.

 

Mori Diané

Directeur Général de la Guinéenne d’Energie

 

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