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JMC, un “monument” qui disparait à 91 ans

L’ex ministre guinéenne des Affaires sociales et représentante de la Guinée aux Nations-unies, Jeanne Martin Cissé, est décédée ce mardi 21 février 2017 à Conakry, à l’âge de 91 ans, a annoncé la présidence de la République.

 

“Ma mère est morte à 11hr GMT, dans son sommeil et de cause naturelle,” a précisé son fils Ani Touré, qui a reçu cet après midi à son domicile de Fairfax, en Virginie, les condoléances de l’ambassadeur de Guinée aux Etats-Unis Mamady Condé en personne, accompagné de ses proches collaborateurs dont le conseiller politique Karamo Koita.

 

Pour celui-ci, “Jeanne Martin Cissé a “rempli son contrat avec la Guinée au même titre que M’Balia Camara et Hadja Mafori Bangoura”, en allusion aux héroines nationales du pays et compagnonnes de lutte de l’illustre disparue.

 

Son décès a été douloureusement ressenti en Guinée où le gouvernement du président Alpha Condé s’apprête à lui rendre un dernier hommage mérité, à l’occasion de ses obsèques prévues cette semaine.

 

Madame Jeanne Martin Cissé est née le 6 avril 1926 à Kankan, dans la savane guinéenne. Ancienne élève de l’école normale de Rufisque (Sénégal), elle débuta sa carrière comme enseignante, avant de s’engager dans une vie de militante et de “patriote engagée” pour la paix et la solidarité entre les peuples. Un rôle qui lui valu un parcours exceptionnel.

 

Elle fut d’abord Secrétaire générale de l’Union révolutionnaire des femmes de Guinée, (UFRG) pendant plusieurs années.  Puis, première dirigeante de l’Organisation panafricaine des femmes. De 1976 à 1984, elle a servi comme ministre des Affaires sociales et parallèlement membre du tout puissant (BPN) Bureau Politique National du PDG. Auparavant, la défunte était représentante de la Guinée aux Nations-unies à New York où elle s’est distinguée comme la première femme de l’histoire de cette institution à présider le Conseil de Sécurité en 1972.

 

Jeanne Martin Cissé est récipiendaire de nombreux prix internationaux dont celui décerné par l’ONU en 1982, à l’occasion du 20è anniversaire de la résolution de l’ONU imposant des sanctions contre l’Apartheid. Un prix qu’elle avait d’ailleurs partagé avec plusieurs hautes personnalités du monde parmi lesquelles l’ancien président algérien Houari Boumedienne et Martin Luther King Junior, apôtre de la non-violence et héro américain du mouvement pour les droits civiques.

 

Militante de première heure pour la liberté et l’émancipation des femmes, Jeanne Martin Cissé croit fermement que l’émergence de l’Afrique repose entre les mains de celles-ci.

 

Tantie Jeanne dansant Sabar avec des femmes de la communauté, en février 2014 à Washington

Dans son ouvrage  “La fille du Milo” publié en 2010, elle invite les femmes à rejeter le “misérabilisme” et à maintenir les valeurs culturelles africaines, afin qu’elles puissent retrouver leur dignité”.

 

La mort de “Tantie Jeanne” représente une grande perte pour la Guinée et le continent. L’ancien président sénégalais Abdou Diouf, qui a préfacé “La fille du Milo”, considère l’illustre disparue comme la “Simone de Beauvoir” de l’Afrique.

 

“Figure de proue du mouvement de lutte pour l’émancipation de la femme africaine, Jeanne Martin Cissé a été pour l’Afrique ce que Simone de Beauvoir a été pour la France et plus généralement pour l’Europe et bien au délà. Jeanne Martin Cissé a incontestablement mérité de l’Afrique dont elle fut et demeure l’une des plus grandes Consciences.”  Repose en paix, “Tantie Jeanne”! Alsény Ben Bagoura

 

AlloConakry


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