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Du financement des partis politiques en Guinée

La presse guinéenne nous informe que le maigre budget du pays alloué, au titre du financement des partis politiques, et ce conformément aux dispositions législatives en vigueur, l’ahurissante somme de 5 milliard de nos franc au chef fil de l’opposition.

 

Aussi noble qu’elle puisse se prétendre, l’initiative qui octroie 500 000 dollars US à un responsable politique suscite une réflexion.

 

Nobles et louables certes à première vue, ces pratiques démocratiques calquées sur les modèles européens qui se sont révélés pathogènes en Afrique ont un pressant besoin d’être dépoussiérés.

 

Le financement des partis politiques se veut le garant de l’émergence et le rayonnement d’une véritable société démocratique en Guinée et par extension en l’Afrique. À beau vouloir se délecter de la démarche, il faut suggérer que la loi autorisant le financement des partis politiques a un urgent besoin d’amendements, qui assortiraient la mesure de coercitives conditions, directives, et d’obligation de résultats.

 

Est-il hérétique de rappeler qu’aucune institution financière, aucun financier, aucun bailleurs de fonds n’avances de l’argent sans imposer d’écrasantes conditions? Les pays africains sont tous aux faits des mesures d’asphyxie qu’imposent le FMI, la BM et autres partenaires financiers du continent.

 

La contrepartie du financement des partis politiques doit à titre suggestif être l’obligation de loyauté envers la Guinée. Un leader politique qui bénéficie des largesses du contribuable guinéen à travers le financement de son parti, doit s’engager à travailler pour la Guinée. Cette phrase d’apparence anodine, exprime l’idée d’exiger du responsable politique qui bénéficie de l’exorbitance de notre offre budgétaire, le respect scrupuleux des institutions étatiques guinéennes, des normes législatives guinéennes. Ces normes commandent aux leaders bénéficiaires de l’aide de l’État, l’engagement de ne jamais dénigrer la Guinée à l’étranger. Elles exigent d’eux, la renonciation à la démocratie du régression qui consiste à décréter des journées villes mortes, les manifestations violentes de rues et autres inepties du genre.

 

La démocratie de régression est un terme qui englobe les tares et pathologies que comportent le modèle actuel de gouvernance de nos pays. Modèle qui à tous points de vue n’est qu’une démocratie d’apparence. La démocratie de façade que l’Afrique se fait imposer est une énorme arme de destruction massive qui met en péril nos économies, nos finances, nos valeurs, nos modes de vie. Une démocratie qui exige de nos constitutions le droit aux manifestations violentes de rues est une arme de destruction massives. Une démocratie qui impose inéluctablement l’organisation d’élections présidentielles, législatives, municipales ou communales, jusqu’aux chefs de quartiers est une armes de destructions massives dans la mesure où, nous devons emprunter sans cesse auprès de nos prétendus partenaires, de faramineuses sommes d’argents pour satisfaire l’exigence démocratique.

 

Curieusement, nos partenaires au développement, réticents à financer nos projets de construction de ponts, de barrages, de chemins de fers sont prompts à financer les nombreuses élections qu’imposent la démocratie. Avons-nous collectivement besoin de diplômes de Harvard pour réaliser que les projets qui nous aident à nous passer de l’aide ne trouvent pas de financement et que ceux qui comme les élections qui nous enfoncent d’avantage dans l’endettement trouvent toujours immédiatement financement? En RDC, la communauté dite internationale est aujourd’hui prête à avancer les 2 milliards de dollars US nécessaires à l’organisation de la seule élection présidentielle cette année. Par la suite, le pays devra emprunter le triple du montant pour élire ses nombreux députés, sans oublier les communales et les chefs de quartiers. Pendant ce temps, des pont datant de l’époque coloniale, névralgiques à l’économie de la RDC s’écroulent.

 

La légitime question qu’on se demande est de savoir à qui profite nos nombreuses et interminables élections, sachant qu’il faut répéter l’exercice aux cinq ans.

 

En quoi il est obscène qu’un président élu démocratiquement choisissent ses collaborateurs pour mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu?

 

Une Afrique qui refuse de réfléchir de son propre chef, qui refuse de s’inventer, qui absorbe la démocratie imposée sans se questionner, une Afrique dont les leaders de l’opposition appellent depuis l’étranger à des sanctions est une Afrique vouée à l’échec.
Let wake up Africa.

 

Goikoya Kolié est un collaborateur extérieur à AlloConakry

 

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