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A propos de ce qu’a dit le président Alpha Condé sur la presse guinéenne

Journalis Ben BangouraLa ministre guinéenne de l’économie et des finances Malado Kaba a quitté Washington, mardi 17 mai, au terme d’une visite de plusieurs jours aux Etats-Unis.

 

Pendant son séjour, elle a participé à un séminaire de formation à Boston, avant d’avoir une série de réunions, dans la capitale fédérale, avec les responsables du FMI et de la Banque mondiale en charge du dossier guinéen.

 

Sollicitée pour une interview, Malado Kaba a une nouvelle fois décliné de répondre aux questions de la presse qui cherchait à savoir un peu plus sur les résultats de son séjour et sur la situation économique du pays, notamment la stratégie du gouvernement guinéen pour davantage juguler l’inflation en vue de soulager le panier de la menagère.

 

Et pourtant, lors de sa dernière sortie médiatique dimanche 15 mai à Conakry, le président Alpha Condé s’est attaqué à la presse nationale, l’accusant  de laxisme dans sa quête d’informations.

 

«J’ai toujours dit que vous n’êtes pas des journalistes d’investigation…. Vous ne cherchez pas les informations consistantes.»

 

Cela parait vrai dans la mesure où la presse guinéenne n’a pas encore réussi à mettre à nu des officiels et politiciens corrompus, associés avec le régime du président Alpha Condé, qui pillent à volonté l’économie de la Guinée, alors qu’ils cherchent à grossir les rangs de la bourgeoisie locale, au grand dam de la misère des pauvres populations.

 

Toutefois, il est aussi important de noter, M. le président, que vous avez des ministres qui ne parlent pas aux journalistes. Qui fuient les hommes de médias en quête d’informations positives et consistantes sur la Guinée, en les traitant avec mépris. Des ministres qui donnent l’impression qu’ils sont peut être incompétents ou qu’ils avaient quelque chose à se reprocher, d’où la nécessite d’éviter la presse.

 

A titre d’exemple, en avril dernier, trois d’entre eux étaient venus ici à Washington dans le cadre des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale: Ce sont Malado Kaba, Economie et finances, Mamakany Diallo, Coopération internationale, et Mohamed Doumbouya, Budget.

 

Alors qu’ils ont eu le temps de faire le tour de la capitale américaine à la recherche des colis à apporter au pays, ils n’ont cependant pas daigné trouver 5 minutes de leur temps pour s’adresser aux journalistes, comme le fait souvent des délégués venant d’autres pays. Juste pour donner les résultats de leur participation à ces importantes assises et au besoin parler des opportunités d’investissements qu’il ya dans leurs pays.

 

C’est une démarche classique que seuls les ministres guinéens ignorent. Et ce, en dépit de multiples démarches effectuées auprès du chef de leur de délégation Malado Kaba, à qui on reproche d’être “imbue de sa personne.”

 

Malado Kaba, ministre de l'économie et des finances, mardi 17 mai 2016, à Washington

Malado Kaba, ministre de l’économie et des finances, mardi 17 mai 2016, à Washington

Timide, inexpérimentée et méconnue des grands milieux de la haute finance internationale, nombreux sont d’ailleurs les observateurs qui se demandent avec angoisse si Mademoiselle Kaba, en fonction depuis 5 mois, est qualifiée pour tenir les rènes de l’économie guinéenne.

 

Une économie qui traverse une période de vaches maigres, après une crise sanitaire la plus aiguë de l’histoire du pays, à savoir la fièvre hémorragique à virus ebola. Et le fait qu’elle a une double nationalité et voyage avec un passeport français, malgré son titre officiel, est loin de rassurer les sceptiques sur sa loyauté vis à vis de la Guinée, son pays d’origine.

 

Depuis 2010, la Guinée a réalisé des progrès tangibles dans le cadre de son développement socio-économique. Vouloir le nier, c’est être atteint de démence. Mais faute de communication au sommet de l’Etat, la Guinée continue d’être présentée comme un pays du diable ou “terra incognito”.

 

Si le président Alpha Condé tient à corriger cela, alors il doit commencer par encourager ses ministres, en écrasante majorité inexpérimentés, à sortir du carcan de bureaucrates et s’ouvrir aux journalistes en tant qu’officiels du gouvernement guinéen. Ceci permettra d’avoir une bonne lecture des événements dans le pays et contribuer à réduire les informations négatives dont est victime la Guinée, notamment dans les médias et réseaux sociaux. Alsény Ben Bangoura  

 

AlloConakry 


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